A schleu, a schleu, le truc là qu’on fait avec les yeux*

On commence par la B.O du post :

Nouveau Sonic Youth “Sacred trickster”
Florent Marchet “Je m’en tire pas mal”

Florent Marchet “On est tous pareils”

Tiga “Luxury”

Men “Credit cards baby”

Ebony Bones “The Muzzik”

Qu’est-ce que je pleure en ce moment ! J’ ai pleuré parce qu’une copine que j’ hébergeais a raté son agreg d’italien. J’ai pleuré en regardant un reportage de CNN sur les ados américains qui se sont suicidés n’en pouvant plus de se faire traiter de pédés à l’école et notamment Carl Joseph Walker-Hoover, 11 ans qui s’est pendu avec une rallonge électrique la semaine dernière, Matt m’a demandé de traduire la video pour une association gay. Je n’ai jamais eu à souffrir d’homophobie** parce que personne n’aurait osé étant donné :
1/ Ma capacité à déceler les faiblesses des autres et m’en servir verbalement comme arme
2/ Avoir été à l’école dans une grande ville, cela dit j’ai souffert de chauvinisme de la part de mon prof de cm2 qui haïssait les parisiens. A 10 ans je ne savais pas ce que ça voulait dire être parisien mais grâce à lui j’ai très vite compris à force d’être convoqué sur l’estrade toutes les semaines et jeté en pâtures à la moquerie de mes camarades, une fois il leur a même appris le fameux “parisien tête de chien” car eux-mêmes ignoraient pourquoi j’étais différent. Ca ne me dérangeait pas plus que cela d’avoir une tête de chien puisque j’adorais mon chien, ça ne me dérangeait pas non plus d’être parisien puisque ça représentait ma vie avec mon père quand il était encore vivant. Un jour , ce fut le tour d’un autre d’être ainsi exposé à toute la classe et ce jour-là j’ai compris que le problème n’était pas que j’étais parisien ou que j’avais une tête de chien mais que ce type était un vrai connard. Un élève de cm1 a frappé à la porte avec un mot de la directrice, cet élève était noir et s’appelait Ibrahim, le prof l’a accueilli en faisant rouler les “R” de son prénom prononcé avec un accent piqué à Michel Leeb imitant l’accent africain. Avant qu’il ne reparte il lui a demandé de monter sur l’estrade où tel un vendeur d’esclaves il lui a demandé de nous montrer ses dents pour qu’on puisse admirer combien elle étaient blanches, je m’en souviens comme si c’était hier parce que l’expression sur mon visage m’a valu de recevoir un bout de craie dans la tête, il s’est approché de moi fier comme un coq en gonflant la poitrine me menaçant comme le font les joueurs de foot adverses sur le terrain quand ils se poussent avec le torse. Il ne savait pas qu’il en fallait plus pour me briser parce qu’à la maison le copain de ma soeur avait décrété que j’étais le préposé aux tests d’angles droits du couloir et après 5 ans de tests complets je peux dire qu’effectivement ils étaient droits. Cela dit ce n’est pas donné à tout le monde ce genre de tests car il ne faut pas être propulsé trop fort dessus sinon on perd connaissance et il faut que ce soit suffisamment fort pour bien les garder en mémoire. Je dois dire que pour quelqu’un qui n’a pas son permis et qui était nul en géométrie j’ai grâce à lui la mémoire des angles et puis se faire traiter de parisien ou de tête de chien c’était mignon comparé à “T’es nul!”, “t’es pas chez toi”, “t’es rien”, ” t’es moche” parce que bizarrement ça me parlait plus, ce qui prouve le manque total de pédagogie de mon prof car il est évident qu’il ne faut pas parler de façon imagée à un enfant pour qu’il comprenne. La grosse erreur du copain de ma soeur a été de changer de test en passant des angles droits à la machine à laver, on n’était pas prêts et surtout on n’était pas seuls mais que voulez-vous les reflexes sont ce qu’ils sont et je comprends qu’il n’ait pas pu resister en me voyant passer de me projeter contre la vedette malheureusement le manque d’échauffement nécessaire à un changement de terrain a fait que ça a été trop fort et que la marque laissée dans mon dos nous a mis au chômage technique quelques temps surtout que les experts présents ont trouvé ça un peu too much pour une fois. Ce qui me dérange aujourd’hui c’est qu’à chaque fois que je me déprécie mentalement c’est sa voix à lui que j’entends, si les mots sont aujourd’hui les miens ils ont son accent à lui et puis surtout la marque que j’ai dans le dos a régulièrementété le sujet à des questions de la part de mes amants “Késseucé???”. Si c’est une relation d’un soir c’est un accident de vaccin si c’est une relation plus longue, je finis par dire la vêrité, une fois sur de la personne et ça sert de test aussi quand finalement après avoir entendu pour la 100eme fois “Mais tu ne dis jamais rien sur toi, raconte un peu” ça m’a permis bien souvent de constater qu’on n’est jamais sur de personne, on veut être honnete et puis on se prend un “Oh c’est glauque !” ou “Arrête !” qui finalement retrospectivement font plus mal que ce qu’on raconte. Cette marque c’est le sceau de l’infamie. Ma différence à moi, mon homophobie à moi, le moment où je deviens indésirable et différent. Si je parle de tout ça c’est aussi parce qu’ allant plutôt bien, je “m’amuse” depuis une semaine à faire les exercices que m’avait donné ma psy. Il s’agit de dérouler sa vie en phrases concises par événements en commençant par “Je me souviens” et force est de constater que je me souviens bien de la merde et qu’après 15 pages de Dickens pour n’en arriver qu’à l’âge de 11 ans (sachant que le plus gratiné était pour la suite) j’ai arrêté de me souvenir parce que ça n’a pas été que ça ma vie, j’avais trop tendance à oublier le bon et en me relisant je me suis dit ce que je me dis toujours, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on n’a pas une maladie incurable parce que ça prend quand même le dessus, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on n’est pas non plus un boat people avec 5 personnes à charge, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on a relativement le temps de le faire sans que quelque chose de plus lourd devienne prépondérant, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on a le luxe de le faire et donc on n’est plus dans une situation critique même s’il n’y a pas de hiérarchie de la souffrance, le présent quand il est trop dur a forcément priorité. Si on se pose des question éxistentielles c’est enfin et surtout qu’on est en vie et c’est une bonne chose car malgré l’impression qu’on peut souvent avoir elle nous appartient.
Si je me suis livré à cette exercice ce n’était pas anodin, vendredi je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à avoir de relation stable depuis 4 ans et surtout pourquoi même avec les gens avec qui je suis le plus proche j’érige toujours un mur entre nous. Il y a toujours une limite que je ne laisse jamais dépasser, je donne beaucoup, je ne cache rien, je ne joue pas mais il y a toujours ce mur entre eux et moi auquel chacun de notre côté on se heurte. C’est ce mur qui m’empêche d’envisager sans craintes une relation sans redouter le moment où je devrais montrer ce qu’il y a derrière et qu’aguerri par l’expérience je sais que cela marquera le moment où malgré tout ce qu’on sait de vous, la perception de l’autre vis à vis de votre personne va changer peu importe qui vous soyez à ce moment là, vos accomplissement, votre sens de l’humour, du bonheur et votre optimisme. Finalement celui qui se révèle à ce moment là ce n’est pas vous mais lui et les déceptions passées on fait qu’un jour je me suis aperçu que j’avais construit un mur. Si l’opinion des autres à mon propos m’indiffère celle de ceux qui comptent et de celui qui compte est importante car son jugement peut être un couteau qui va réouvrir toutes mes plaies et c’est horrible d’être tout à coup moins bien à ses yeux et peut en plus me pousser à surélevé un peu plus mon mur. J’ai passé le cap où j’avais honte non pas de moi mais de ces choses du passé, on veut tellement être parfait aux yeux de l’autre et plus on vieillis et pire c’est, on n’a plus moins de 25 ans et même si j’avais déjà des casseroles à cette époque je compensais autrement.
Je ne suis pas par nature cette personne sur de lui, combattif et qui est parfois craint ( à mon grand etonnement), ça c’est l’habit social, le costume urbain taillé par la vie. Vendredi j’ai écrit à quelqu’un qui me connait bien et même si ça n’a pas marché entre nous, il reste celui qui me connait comme personne. Ce matin j’ai eu sa réponse, je lui demandé si j’étais gentil, si je savais aimer parce que je me suis tellement blindé que ça par contre j’ai oublié, il m’a dit que mon problème c’était je cite “Il ne faut pas être trop gentil avec toi parce que tu n’as pas l’habitude et ça te fait paniquer. Il ne faut pas être méchant non plus parce que tu en as l’habitude et que ça te rassure parce que tu connais mais c’est impossible à vivre”. Je ne me voyais pas du tout comme ça, au contraire, je ne pense pas être masochiste. Ca m’a enervé du coup je suis parti faire mes 8kms matinaux au pas de charge et plus je luttais contre l’idée plus je réalisais que si ce n’est pas complètement vrai ce n’est pas complètement faux. Putain ça m’a enervé, je ne veux pas qu’on me voit comme une victime ou un mec à problème, rien dans ce que je fais et suis aujourd’hui ou même dans le passé ne démontrent ça. Je ne me suis jamais caché ou réfugié derrière mes problèmes, je n’ai jamais joué les victimes ni ne me suis appesantit sur moi-même, ni même mis mes echecs sur le dos de mon histoire personnelle et familiale ce qui m’enerve c’est juste combien elle me stigmatise . J’y ai repensé en allant voir “Villa Amélia” où le personnage joué par Isabelle Huppert passe les 3 quarts du film à fuir sa vie, à tout plaquer, à effacer toute traces d’elle, de son passé, de ce qu’elle a été pour finalement à la fin être rappelée par celui-ci, la partie la plus douloureuse et la plus enfouie qui lui apparait au cimetière. Moi aussi j’ai fait ça, sur et certain d’avoir tournée la page et à l’autre bout du monde où rien ne vous rappelle votre passé, où votre vie nouvelle est vierge de toute référence on fini toujours par être rattrapé par soi. A moins d’effacer sa mémoire on ne fuit jamais rien, les choses reviennent toujours à la surface. Si une coupe de cheveux, de nouveaux vêtements et un nouvel environnement font illusion quelques semaines on ne fuit jamais rien définitivement et on ne se fuit pas soi-même surtout. Le jour où on réalise ça, on se rend compte que la seule solution c’est d’accepter tout ce qu’on fuit, tout ce qu’on est, tout ce qu’on n’est pas, tout ce qu’on ne sera jamais et comme je l’ai déjà fait remarquer le plus dur dans l’exercice ce n’est pas d’accepter tout ça mais de le faire accepter aux autres.Personne n’a envie d’avoir une étiquette “personne à problème” sur le front. Moi je n’ai pas envie de mentir non plus, d’occulter cette part de moi, il m’a fallut du temps pour l’accepter et réussir à vivre avec c’est une victoire que je ne veux surtout pas abandonner pour un pauvre con qui va me sortir “c’est glauque”. Nietsche a dit des trucs très bien à ce sujet dont je ne me souviens pas littéralement mais c’est en gros que ce qui dérange les autres chez soi c’est ce qui fait résonance en eux. Ce qui leur est inconnu ne provoque au pire que de l’indifférence et aussi que plus on s’élève et plus petit on apparait aux yeux de ceux qui ne savent pas voler parce que chaque fois qu’on s’affirme en acceptant les choses plutôt que de les fuir ou de les occulter on leur rappelle ce qu’ils ne font pas eux-mêmes. Pour l’homophobie c’est pareil, ce n’est pas un stigmate ni un choix mais le jour où on l’accepte et surtout qu’on la vit très bien ce n’est pas la peur de ce qui leur est étranger qui effraie les autres et les poussent à la haine, ce n’est pas non plus qu’ils soient homosexuels refoulés ( faut arrêter de voir des gays partout, l’hétérosexualité et la bisexualité existent) c’est juste qu’on leur montre une réalité différente de la leur et qui dans leur esprit menace l’équilibre qu’ils ont construit autour de leur croyance de faire partie d’une norme toute puissante. Une réalité différente ne menace absolument pas la leur c’est l’idée qu’il n’existe pas de vêrité absolue qui les fait chier et de ne surtout pas “être” cette vêrité là. Nietsche dit aussi un truc là dessus genre J’ai ma façon de faire, vous avez votre façon de faire et concernant la bonne façon de faire celle-ci n’existe pas. Le monde se portera mieux le jour où on acceptera de dire qu’on ne sait pas et qu’on ne divise pas le monde entre ceux qui ont tort et ceux qui ont raison que c’est non seulement plus subtil que ça mais que les certitudes volent si facilement en éclats qu’on a ce besoin de détruire tout ce qui les menace.
Quand Serge me dit que s’il marche et court si vite c’est parce qu’il se faisait courser au collège et au lycée ça me fait mal pareil quand Arnaud me raconte les brimades et humiliations subites au lycée par des connards qui vont faire copain avec lui sur facebook maintenant. Quand je leur dit qu’ils sont merveilleux et qu’ils sont loin de tout ça maintenant je sais au fond de moi que je mens parce que personne n’est jamais loin des blessures du passé, que celui qui te dit ” C’est glauque” a sûrement un placard rempli de bordel aussi parce qu’on est tous égaux devant les emmerdes et la souffrance alors pourquoi sachant cela on stigmatise les autres au lieu de se rappeler qu’on n’est pas soi-même dans cette “norme” qui n’existe que dans un absolu uniquement là pour nous faire croire qu’on n’est rien alors que c’est tout le contraire, on est riches de tout cela et que ces choses si différentes qui semblent nous séparer dans leur forme nous lient en fait tous dans le ressenti qui, à histoires et trajectoires différentes est le même pour tous. Je ne pouvais m’empêcher de penser à ce qu’aurait été la vie du petit Carl s’il n’avait pas été traité quotidiennement de pédé. Je ne peux m’empêcher de penser à ce que j’aurais été si ma vie avait été différente, quelqu’un d’autre, quelqu’un de différent, ni meilleur ni pire, juste un autre avec une autre histoire et surement blessé par d’autres choses car il n’y a pas d’élus, on est tous pareils. Je n’aurais peut-être pas peur de l’amour mais d’autre chose.
Mes soeurs ont sensiblement le même parcours et elles sont différentes bien qu’en discutant entre nous on reconnait les mêmes peurs, les mêmes souffrances, les mêmes manques. Y’en a une qui fantasme sur la famille ideale et se sent toujours à tour de rôle inférieure en pensant à son passé et supérieure en pensant à ses accomplissements. L’autre multiplie les histoires d’amour, parfois en même temps, pour elle il ne devrait y avoir que débuts et quand son petit frère le lui fait remarquer elle s’énerve parce qu’il a raison mais son petit frère a fini par penser comme elle. Si dans “Villa Amélia” Isabelle Huppert impassible et déterminée lâche à son mec qui la trompe en le quittant “15 ans c’est bien” quand il lui dit qu’elle ne peut pas mettre fin comme ça à une relation amoureuse, ma soeur c’est “3 mois c’est bien” et c’est vrai que c’est bien, on est même tous encouragés à n’avoir que des relations de trois mois, quand tout est beau, où chacun flatte l’autre par l’interet qu’il lui porte, 3 mois ça fait du bien à l’égo, plus ça devient de l’amour et ça c’est autre chose, ça s’entretient et on n’a pas tous les jours envie non plus, certains font même l’erreur de s’endormir dessus pensant avoir capitalisé suffisamment pendant ces 3 premiers mois d’euphorie (boostés en plus par les hormones).
Mais dans la fiction que ce soit en littérature, le cinéma ou les chansons, on ne nous parle que des rencontres, on sublime ce moment, on sublime même les ratés de ce qui auraient pu être, c’est rare de voir un film sur la durée de l’amour, on n’a que les extrêmes : le début d’une liaison et la fin, on ne s’intéresse que rarement à l’entre deux parce que dans l’inconscient il ne se passe rien peut-être, l’amour serait-il chiant ? Les contes de fée s’arrêtent à “ils vécurent heureux” se basant uniquement sur l’aventure et les entraves qui mèneront à la rencontre finale. On ne parle pas du quotidien, on nous dit qu’ils seront heureux…pour l’eternité mais est-ce qu’ils s’aiment encore ? Souvent je me demande si les vieux couples baisent encore et s’ils s’aiment encore ou si c’est juste du confort. Pour ma soeur l’entre deux c’est le début des 3 mois avec un autre et ainsi de suite comme des poupées russes, elle se sent désirée et désire elle aussi. On ne nous dit pas que le quotidien tue l’amour dans la fiction, que le désir sexuel est une part importante et que le désir sexuel se porte rarement sur ce qu’on a, ce qu’on connait, c’est la part animale, aventurière d’ailleurs on n’a pas choisi l’expression “avoir une aventure” au hasard même si on dit que l’amour est une aventure je ne pense pas que ça s’applique à la durée sauf que ces fameux trois mois n’ont rien à voir avec l’amour. L’amour c’est ne pas s’entendre dire “c’est glauque”, là on sait qu’on a perdu 3 mois et on a la preuve qu’on n’était pas dans l’amour. Se contenter de relations de surface pensant qu’on aime et qu’on est aimé font qu’en fait la plupart d’entre nous n’ont jamais été amoureux. En anglais on dit infatuation. Les magazines sont plein des débuts de relations ou de leurs fins tragiques. Quand une actrice se fait interviewer pour dire qu’elle baise 3 fois par jour avec son mec depuis 4 ans d’abord on la deteste et ensuite on pense qu’elle ment. Ces relations de trois mois nous ont rendu cyniques. La haine des gens pour la Saint valentin est assez drôle. Un film sur un couple de 5 ans qui baise, va bosser, fait les courses, part en voyage, font un crédit etc…ça ne marcherait pas ou alors c’est une pub et une pub ça dure 2 minutes maxi. Notre tort c’est donc de penser que l’amour est une aventure ou un confort, le véritable amour c’est se mettre à nu emotionnellement et ne pas s’entendre dire “C’est glauque”. L’amour c’est accepter de se faire chier un peu. Bon pour moi c’est surtout accepter que je l’emmerde, que je le rende dingue et de vivre avec la peur d’ arriver maquillé comme une voiture volée au bureau parce que je l’aurais maquillé pendant son sommeil et régler le réveil en retard pour ne pas qu’il se voit avant de partir. Ca c’est l’amour, ça c’est une aventure. L’amour pour certains c’est aussi accepter de se taper toute la filmographie d’Elsa Zylberstein en dvd et de ne pas dire c’est bien pour faire plaisir mais de le penser vraiment. Bref l’amour ça se travaille.
Alors que je faisais mon footing ce matin, bien enervé par mon mail en me répetant “c’est pas vrai!” j’ai été arrêté dans ma course par un panneau perdu entre la Seine et une déchetterie, en plein milieu d’un no man’s land, sur le panneau 4 affiches flambants neuves de l’UMP et je en sais pas pourquoi j’ai pensé à V, la série de science fiction des années 80 où il y avait des affiches de propagande partout. Au moment ou je me suis approché pour prendre une photo afin d’immortaliser l’incongruité de la présence de ces affiches dans ce désert mon pied droit a ripé sur une peau d’orange abandonnée par terre ( une vraie orange, pas une flaque de cellulite…sinon j’aurais pris ça en photo) et étant donné qu’à minuit 19 j’ai encore mal au pied et que je suis sur qu’il s’agissait d’une fourberie du parti du président, j’envisage de porter plainte contre eux.
Dans “Villa Amalia” Isabelle Huppert a une scène où elle est assise en bord de la Seine à Choisy le Roi et l’endroit me paraissait familier de mes joggings et trekings ( quand je suis très enervé je marche sans m’arrêter parce que quand j’ai mal aux pieds j’ai plus mal à la tête) et tout à coup je me suis souvenu que c’était l’endroit exact où j’avais pissé une fois et j’avoue que j’étais plutôt content d’imaginer Isa ( tu permets que je t’appelle Isa ?) assise dans ma pisse ( donc oui je peux t’appeler Isa, on est intimes du coup).

A ma pause déjeuner j’ai regardé “Grey Gardens” l’adaptation du documentaire culte des années 70 qui mettait en scène la tante et la cousine de Jackie O, vivant recluses dans une maison délabrée des Hampton’s. Interprétations magistrales ( si on connaissait déjà le talent de Jessica Lange, Drew Barrymore est une révélation dans ce film), film touchant et moi j’ai fondu en larmes. Je ne veux pas finir comme Little Edie :/

Ce matin en arrivant au parc déserté à 8h00 sauf pour quelques joggers, j’ai découvert de grandes étendues d’herbe parsemées de pâquerettes et de pissenlits le tout recouvert d’une pellicule de rosée, j’ai regardé autour de moi, personne, et je me suis vautré dedans, trempé, hilare et couvert d’herbe j’étais tout simplement heureux parce que je sais qui je suis, ce que je vaux, ce que je ne suis pas, d’où je viens et que je pourrais toujours compter sur moi-même et ceux que j’aime comme celui que j’aimerai le pourront toujours aussi. I’m not a bad person.

* Made in Absolutely Fabulous
** C’est faux, j’avais déjà raconté la fois en 4eme quand Jérome m’a demandé si j’envisageais de me faire couper plus tard et s’est mis à ricaner avec ses potes aussi moches que lui. 13 ans plus tard à New York ma soeur surfe sur meetic dans le lit, je la rejoins, on regarde le sphotos et on se marre quand je reconnais Jérôme, immédiatement je me fais un profil de pouffe et je discute avec lui 3 mois. En rendant visite à ma mère un jour je lui dis que je suis là sans lui dire que je ne suis pa sla pouffe qu’il veut se taper mais un mec avec qui il était en quatrième. J’ai sonné, il a ouvert et j’ai rien dit, il m’a demandé pour quoi c’était, j’ai ri, il m’a reconnu “on se connait non ?”, je lui dis oui et je lui sors tout. Il m’invite à boire un coca et complètement atterré il me demande pourquoi j’ai fait ça et je lui ai dit “pour voir si tu étais gay”. Il n’a pas mal réagis et même si, j’étais body buildé à l’époque, je n’avais peur de rien. Il ne savait pas s’il devait m’en vouloir. La vengeance n’est pas un truc qu’on rumine, c’est une perche que la vie te tend et qu’il faut saisir, ce n’est pas oiel pour oeil mais tête pour oeil. Mais i’m not a bad person quand même.

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I’m the Lucky one

Fatigué de la foire aux vanités et qu’un peu c’est déjà bien assez j’ai eu un satori à Paris, une épiphanie entre Temple et République à six heures et demie, je me suis dit que je n’avais pas envie de sortir ce soir. Tant pis j’aurais menti à Arnaud en course pour être la meilleure Romy Schneider ( même si pour moi il est déjà la meilleure Jodie Foster…comprend qui peut…moi perso je peux pas). Non j’ai décidé de m’occuper de moi alors avant de m’engouffrer dans le métro je me suis inscrit à la salle de gym et bien que ça n’ait pris qu’un quart d’heure, la meilleure partie m’a occupé toute la soirée, la meilleure partie étant bien sûr de composer la playlist sur l’ipod pour accompagner mes exercices car une bonne playlist ne sauve pas que des soirées, elle permet aussi de ne rien sentir quand on court depuis 30 minutes sur des moignons après que vos chevilles se soient désolidarisées de vos jambes.
Hier soir en rentrant à la maison, je racontais à Serge comment 23 ans plus tard en vidant la maison j’ai trouvé une lettre que mon père m’avait adressée mais jamais envoyée alors qu’il était à l’hôpital où il devait par la suite être tué ( je choisis mes mots avec attention). Bien sûr j’ai pleuré comme une madeleine en lisant et aujourd’hui je la connais par coeur même si je l’ai remise à sa place après plusieurs lectures car il ne faut pas s’attacher à des objets cependant elle finissait en disant ” Prends bien soin de toi mon petit Filou”. Quand il est n’a plus été là, du haut de mes 6 ans j’ai déclaré à tout le monde que comme je ne dirais plus jamais le mot papa de ma vie alors personne ne m’appellerait plus non plus Filou. Plusieurs fois mes amoureux, mes amis ont sans le savoir utilisé ce petit nom pour moi et à chaque fois j’ai dit non. J’ai repensé à ce “Prends soin de toi” toute la nuit ensuite, ma tête me grattait, j’avais les cheveux dégueulasses alors je me suis levé sans faire de bruit pour ne pas réveiller Serge. Je me disais qu’il fallait effectivement que je prenne soin de moi alors que je me shampooinais. Quand je vois aujourd’hui ma mère debout, parler, faire des gestes, rire,faire des choses je me dis que tout ça n’a pas été vain et j’ai été fier de la voir vivre sans que je ne sois plus sa béquille, ce n’est pas encore parfait mais en la regardant je me rendais compte du temps passé à m’être mis en retrait, ces 4 années n’ont pas été faciles et pourtant aujourd’hui je ne voudrais pas qu’il en fût autrement, tout ce que j’ai perdu en plumes et en superbe je l’ai gagné en âme. Je ne devrais pas dire ça mais j’étais fier d’elle et fier de moi. C’est comme ça avec les gens que j’aime, mon rôle ce n’est surtout pas de leur dire qu’ils sont merveilleux car qui a envie d’entendre ça ? Ca ne veut rien dire, c’est presque comme parler de la pluie et du beau temps. Tout le monde est merveilleux car quand on sait toute la merde qu’il peut tomber et qui tombe sur la gueule de chacun on se dit qu’on mérite tous si ce n’est pas une médaille une bonne tape dans le dos. Je me souviens de cet homme avec j’ai été et qui me racontait que son amoureux précédent était un chieur qui l’avait laissé au bord du gouffre et quand un jour je lui ai fait un compliment mérité il m’a enjoint très sèchement dit de ne plus jamais le refaire et moi de mon côté je n’avais pas envie de le faire chier pour lui faire plaisir alors je ne suis jamais parvenu à l’aimer. On vit dans un monde où sans cesse on nous répète de façon insidieuse ou pas qu’on n’est jamais ce qu’il faudrait qu’on soit : jamais à la bonne place, jamais assez beau, jamais assez mince, jamais assez riche, jamais la bonne adresse, jamais la bonne origine, , jamais la personne qu’il faut. Je me souviens il y a 5 ans quand on pouvait encore fumer en club de ce type beau comme un dieu, pompier ou gendarme qui m’avait demandé du feu ce qui avait engagé la conversation au bout d’un moment il m’a désigné du menton un garçon sur le dance floor en me disant “C’est dommage, je suis déjà avec lui pour ce soir…je me suis renseigné, bonne famille, bonne dentition mais reviens la semaine prochaine” je n’avais rien demandé, il ne m’intéressait pas, je cherchais Arnaud pour rentrer car j’en avais marre et lui il m’a filé la gerbe, j’étais “Sa bonne famille, sa bonne dentition” pour la semaine suivante, il l’avait décrété comme une faveur qu’il faisait, comme s’il avait été un cadeau de Dieu offert à tous les pédés entrant dans ses critères, je ne suis plus jamais retourné dans ce club. Tout ça pour dire qu’aux gens que j’aime, je ne leur dis pas qu’ils sont merveilleux, je ne leur dis pas qu’ils ont les “critères”, j’espère juste réussir à leur dire qu’ils sont eux-mêmes, que c’est très bien comme et que ça ne saurait être mieux autrement parce que souvent on s’oublie soi-même et c’est important d’être rappelé à soi.
En arrivant chez moi en fin de journée l’épicier m’a invité à aller prendre un café avec lui au bar tabac, j’ai tout fait pour ne pas y aller mais il a insisté alors que je n’avais envie que de 2 choses : 1/ Chier et 2/ me foutre au lit avec mon bouquin. Il m’a parlé de son bail, de son fond de commerce, des prix du quartier d’habitude quand je fais quelque chose que je ne veux pas faire je n’écoute rien et je n’entends que ma voix qui me dit de me barrer très vite, souvent je le fais, parfois sans rien dire en me foutant de la bienséance avec le temps je deviens indigne. Là avec Hassen j’étais bien, j’étais content d’écouter quelqu’un qui ne me parlait pas du dernier Royksopp puis il s’est levé a été chercher une grille de Loto et m’a dit ” Ca me ferait plaisir que tu me remplisses une grille parce que tu es un garçon qui a de la chance” sur le coup j’ai voulu lui répondre “Mais comment ça ? Pas du tout !” et en repensant à ma discussion nocturne et matinale avec Serge, aux gens qui m’entourent je me suis dit qu’effectivement c’était vrai. Je me suis même rendu compte que je n’avais pas jeté aux orties toute convenance en me disant que s’il gagnait je ne lui demanderais pas ma part, ce serait indigne à un niveau que je n’ai pas atteint et que j’espère n’atteindrais jamais.
Je me suis occupé de moi, je me suis fait un masque capillaire en sélectionnant mes morceaux pour demain. Quand j’ai eu fini j’ai regardé mes mains et réalisé que mon masque avait également eu des vertus pour mes ongles :

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Je regarde le conduit de la cheminée en me disant que suite au dégât des eaux de cet hiver il serait peut-être temps de le repeindre puis ça m’a frappé, les marques laissées par l’eau infiltrée avaient fait un Cy Trombly sur mon mur

Des gars, des os

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Au revoir Simone – The Lucky One (slow club)

So let the sunshine
So let the sunshine
So let the sunshine let it come
To show us that tomorrow is eventual
We know it when the day is done

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Le complot

Je complote, tu complotes, il complote etc…plote, plote c’est rigolo comme son mais ça ne me fait pas rire, houla non j’ai pas envie de rigoler là bonhomme! Je profite d’une accalmie dans mes poussées de fièvre pour écrire un peu car de toute façon je n’arrive pas à dormir et que d’ici peu je vais avoir à nouveau les organes au sauna et repartir rôtir en enfer mais pas avant que je n’ai dit ce que j’avais à dire, on essaye de me faire taire mais même si ce doit être la dernière chose que je dirais de toute ma vie GODAMIT je vais le dire !
Je suis sur que j’ai été piqué avec une seringue dans le métro, on m’a inoculé un truc qui me file de la fièvre à l’évocation (même sans les formuler à voix haute) de certains mots, certaines idées. Ce midi ma fièvre a subitement baissé quand j’ai regardé Xavier Bertrand puis elle est repartie quand j’ai lu le dossier sur Eva Joly dans les Inrocks. Plus je lisais et plus je brûlais. Comme je suis intuitif j’ai testé un truc, j’ai dit à voix haute “Je vais voter UMP aux européennes” tant pis si quelqu’un m’a entendu ça a du passer pour un délire dû à la fièvre. A peine j’ai eu fini ma phrase que la température de mon corps est redevenue normale.
Je sais que c’est l’UMP qui a commis un attentat contre moi, ils ont déjà essayé la semaine dernière de m’empêcher de faire mon jogging pour que je sois en forme en plaçant stratégiquement une peau d’orange moisie sur ma route. J’ai survécu alors ils ont employé les méthodes de la CIA dans le métro, paf la seringue. Je revois bien la gueule du type avec le recul, sa petite tête de communiquant en chemise bleue, tous les types de droite ont une chemise bleue, une dégriffe Ralph Lauren pour les plus riches et une merde Célio pour les wannabes. Je revois bien sa tête à bosser à la Défense ou à Levallois-Pédé, sa tête à voter à droite mais à baiser à gauche. J’aurais du me méfier, j’ai rien senti mais ça c’est une constante chez eux, ils ont beau mettre profond on sent rien sur le coup.
Moi je veux voter EVA JOLY..putain ça repart……

“Interlude :
Regarder “Quel est ce titre ?” sur Novaplanet.com et chercher le morceaux diffusé à 3h21…’aim’ ben !”

Oui je veux voter EVA JOLY et oui la fièvre remonte et non je ne dis pas ça pour prendre ma température et me donner comme ça une excuse pour me mettre un truc dans le cul. Je le pense et je le paie mais je sais souffrir, Hay que sufrir, oui je vais souffrir pour mes idées alors j’ai dit non au Doliprane, je serais un martyr, Ségolène Farmer en Lacroix…..
Bon j’avoue que j’ai pensé que toute cette chaleur devait quand même, un peu, au moins faire fondre mes graisses..Oui je sais que ça va à l’encontre de toute probabilité, possibilité et contre la science oui la science. La science qui…je ne sais plus….anyway….
Donc si vous voter EVA JOLY vos graisses vont fondre. Voter Joly c’est LE régime avant l’été.
Oui voilà comment je déjoue le complot de l’UMP et le retourne à mon avantage en me servant de leur bêtise. Et paf ! Dans ta face !

Ce complot de l’UMP c’est comme celui des chats. Les chats complotent…plote…plote…plote quand on ne les regarde pas. Il font des …Non allez encore une fois…plote…plote…plote…..plote….
Ils font donc des réunions pour mettre en place leur méga plan de domination du monde. Tout a commencer le jour où les chats qui sont intelligents ont compris qu’ils pouvaient eux aussi profiter de la bêtise de certains à leur avantage.
Tous les propriétaires de chats vous le disent, où que vous alliez et dans n’importe quelle langue (et d’ailleurs c’est bizarre mais pas étrange car leurs chats leur murmure ça par télépathie, ça fait partie du plan) : ” Un chat c’est indépendant, ça donne de l’affection mais ça se débrouille tout seul c’est pas attaché et dépendant comme les chiens dont il faut s’occuper”. Les chats sont donc des putes à leurs yeux qu’ils rétribuent avec des croquettes mais si les chats acceptent ça c’est parce qu’ils ont compris une chose à propos de leurs propriétaires, ils ne les ont pas choisi au hasard, ces gens ont été séléctionnés car ils sont incapables de s’impliquer dans une relation affective, eux c’est caresses et croquettes mais surtout c’est “Ne viens pas me faire chier avec tes problèmes de chat, reviens quand j’aurais besoin d’affection”. La dynamique de leur relation tient sur Chat = Pute + Maitre= handicapé. Ca a été mis au point par un chat savant mais je ne peux pas tout dire…je zippe zipppe mes lèvres…j’en dis déjà beaucoup trop…mais ceux qui regardaient “Les entrechats” savent…
Moi j’aime les chiens parce que justement ça demande un effort, j’aime faire l’effort, un chien ça aime que si on fait l’effort, j’aime ce qui demande du temps, de l’attention, un investissement personnel. Un chat c’est une pute qui se frotte à tout ce qui passe pour peu qu’on lui file à bouffer pas étonnant que leurs propriétaires finissent toujours avec l’équivalent en humain. Les chats ont donc profité de l’handicap émotionnel de certains pour s’infiltrer dans les foyers du monde entier et un jour ils se soulèveront et domineront le monde. Un jour votre chat vous sautera à la gueule en hurlant d’une voix que vous ne lui connaissiez pas “Depuis des années tu m’emmerdes avec ta musique pourrie et tes croquettes bon marché!” et comme dans toute relation le maitre deviendra alors esclave. Nous vivrons sur “La Planète des chats”. Souvenez-vous de Cats, cette sombre merde made in Broadway…c’était prophétique, ceci est votre avenir :

J’aime bien les chats, ne vous méprenez pas, je n’ai juste pas confiance.
Enfin si vous voulez vivre une vie de célibataire adipeux malheureux en amour, esclave dans une dictature féline, passant la journée à ratisser des kilomètres de litière et à démêler des pelotes de laine géantes pendant que des chats en justaucorps chantent “Memory”, votez UMP aux européennes.
Moi je crève peut-être d’une fièvre mais je voterai EVA JOLY…aie ça revient…sale complot…..plote….plote…nan là ça marche pas.

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Self-sufficience please!And get to work

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Björk “Army of me” Live at l’Olympia 2008 from Voltaic

Objectif gym :
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Oui ? Non ?

De toute façon je fais ce que je veux.

Bjork “Declare Independence” Live at Olympic Studios, London from Voltaic

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Andy Warhol Diaries

Le journal d’Andy Warhol 1976/1987

Jeudi 6 juin 1985.

Suis allé à Macy’s où j’étais juré pour le concours de sosies de Madonna[..]. Je suis allé au Radio City Music Hall pour le concert de Madonna ( taxi $6).Génial, comme spectacle. Tellement simple et sexy, Madonna est tellement jolie.Elle a maigri, elle est vraiment super. Après on est allés en bas où il y avait une réception privée, à l’étage des toilettes des dames. Madonna est descendue avec Jean-Michel [Basquiat]-J’imagine qu’il avait dû aller en backstage. Elle était marrante. Elle a dit qu’elle allait au Palladium et peut-être au dîner de Keith [Haring]. Elle a été tellement chou, mignonne comme tout. Alors on est allés en bagnole chez Iso, à l’angle de la 11e Rue et de la 12e Avenue. Madonna a fini par arriver, dans un camion. Ils l’ont placée à côté de moi, elle a été géniale. Ils se sont moqués d’elle à cause de ses faux cils, en disant qu’ils étaient plus longs que ceux de Louise Nevelson. Mais tout le monde était sous le charme, es serveurs n’en pouvaient plus. Elle a dessiné des bites sur la culotte de Futura[2000].

Les planches contact de la soirée par Warhol :
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Autres morceaux choisis :

Jeudi 9 août 1984.
Allé au cinéma avec Keith et Bobby [Martinez], l’ancien peetit ami de Madonna qui est celui de Keith [Haring] maintenant.
Madonna & Keith
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Mercredi 7 novembre 1984.
Je suis allé au Private Eyes ( taxi $7). Madonna était sur l’estrade. Comme Jean-Michel [Basquiat] avait eu une aventure avec elle, nous nous sommes dirigés vers elle. Madonna a embrassé Jean-Michel sur la bouche. elle était avec Jellybean[..]Jean-Michel était sombre parce que Madonna est devenue une telle star et qu’il l’a perdue.
Madonna & Basquiat
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Lundi 5 août 1985.
Et je veux faire un gros titre sur Madonna-en reprenant celui du POST :”Madonna pose nue-”ET ALORS?””Je voudrais me servir d’une photo d’elle, mais Keith veut utiliser une photo d’elle et de Sean Penn qu’il a prise lui. Et qui tire sur le gris. Mais je ferai les deux. Nous faisons un tableau ensemble comme cadeau de mariage.

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Samedi 30 août 1986.
Après la pièce, Martin [Burgoyne] m’a retrouvé Backstage, il y avait une grosse jambe en chocolat de chez Krön. Tout le monde en a mangé, même Martin. Ca me fait de la peine, il a le visage couvert de plaies. Mais ça m’a réchauffé le coeur de voir Madonna manger de la jambe elle aussi, sans se soucier de savoir si elle allait attraper quelquechose ou pas. Martin mordait un coup et Madonna mordait derrière lui. J’aime bien Martin, il est chou.

Madonna & Martin
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Punk Queens

Old
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Sonic youth “Calming the Snake” From the Eterrnal

& New
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The Gossip “Heavy cross” new single

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My love is justified

 

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La vie, la mort, l’amour : la vie quoi !

A peine la porte de l’ascenseur fermée il m’a enfoncé sa langue dans la bouche si profondément et brusquement que ça m’a rappelé chez le docteur quand il met son bâton sur la langue pour regarder à quel point c’est irrité et que ça donne envie de vomir. J’aurais aimé qu’il habite au premier mais il habitait au 7eme. J’ai gardé les yeux ouverts, je ne lui ai même pas rendue son étreinte, je regardais fixement un chewing-gum que quelqu’un avait abandonné dans l’interstice entre le plafond et la parois de commandes, d’où j’étais je pouvais deviner les empreintes du coupable. Quand l’ascenseur est arrivé à l’étage je me suis excusé en disant que j’embrassais mal. C’était de la politesse plus qu’une tendance à me sous-estimer, on allait chez lui et je suis bien élevé . Chaque fois que je quittais sa chambre pour aller dans le salon c’était un crève-coeur de réaliser que le seul livre en sa possession qui trônait sur une pauvre étagère était “99F” de Beigbeider, une fois je lui ai demandé ce qu’il en avait pensé, il m’a avoué ne l’avoir jamais ouvert. Ce n’était pas un cadeau non plus.
J’ai de la fièvre depuis 4 jours, on se moque de moi en évoquant la grippe porcine alors à force j’ai été regarder quels en étaient les symtômes.
J’ai beaucoup pensé aux Caraïbes hier, je me souviens de mon retour après 8 mois dans la nature, le calme, le luxe et la volupté..J’en avais tellement plein le cul des couleurs pastels et du beau que je rêvais de paysages industriels, de foules compactes et je ne voulais plus écouter que du punk. Paradoxalement je suis allé en premier sur les Champs-Elysées alors que je déteste ce coin. Je me suis attablé à une terrasse et j’ai regardé autour de moi tous ces gens, tous ces portables, toutes ces attitudes, tout ce théâtre, toute cette comédie, tout ce bordel qui 8 mois avant était le mien qui 2 mois avant me manquait et là, en sirotant mon citron pressé je me suis rendu compte que je ne savais plus où je voulais être. Mes vêtements étaient pourris par l’humidité et le taux élevé d”iode dans l’air, tous les elastiques de mes slips avaient moisi, mes Agnès B. ressemblaient à des torchons de cuisine, le soleil constant m’avait fait presque platine et m’avait noircie la peau. En remontant le Bd Saint-Germain plus tard le même jour, un groupe de jeunes qui faisaient signer une pétition en soutien à la Palestine m’ont accosté en me disant “En tant que musulmane tu dois signer la pétition”. Je cherchais un dentiste, une molaire avait pété pendant mon séjour et ce à ma grande surprise car j’ai toujours eu de très bonnes dents. Je ne m’imaginais pas avoir une relation sexuelle avec un type qui allait se couper la langue en m’embrassant comme je le faisais quotidiennement depuis des semaines.
J’ai passé l’après-midi d’hier couché à surveiller mes montées de fièvre, la gym lundi c’était idiot, ne pas y aller hier m’a fait culpabiliser. Quand la fièvre était trop forte je fermais les yeux en imaginant mes anticorps telle une armée agissant sur mon mal pour le faire disparaitre comme dans “Il était une fois la vie” je visualisais la bataille et je me sentais mieux.
J’ai pensé à mes funérailles si ça devait empirer, j’imaginais les gens cloisonnés dans différentes parties de ma vie qui se rencontrent enfin. Les funérailles c’est comme être la reine du bal, on devrait les organiser de notre vivant. Je veux être incinéré et qu’on souffle mes cendres au visage de quelqu’un que je n’aime pas. Je me demande combien prend Lou Doillon, faut que je me fasse un plan obsèques ( rien à voir avec de la nécrophilie).
En revanche je visualise très bien les funérailles des gens que j’aime, une habitude que m’a appris la vie. Quand j’ai dit à Serge que j’avais pensé à sa mort il était outré alors je ne lui ai pas dit que j’envisageais de dire à ses parents de me confier la tâche de l’habiller pour leur éviter la peine et que j’en profiterais pour lui mettre des vêtements Tex et H&M et ajouté un petit mot “Je t’ai bien eu”….Peut-être parce que ça l’aurait immédiatement ramené à la vie ou alors pour entendre un “PUTE !” hurlé d’outre-tombe.
J’avais beau savoir pour Christophe et y être préparé depuis longtemps mais l’annonce de sa mort ce matin-là m’a surpris. Il m’avait dit quelques semaines avant qu’il n’en pouvait plus du traitement, de ne plus être qu’un rat de laboratoire sur lequel on testait tout et n’importe quoi, que tout le monde autour de lui l’encourageait alors que lui savait que c’était fini et voulait partir tranquillement, vivre ses derniers jours au calme mais qu’il ne voulait pas les decevoir alors il s’y pliait. Je l’avais vu quelques semaines avant à mon retour de New York, quand je l’ai pris dans mes bras pour lui faire la bise il était si frêle, son visage si emascié, il portait un masque de mort. Finalement il en a eu assez et a choisi son départ. J’avais fait le calcul en lisant le mail, 10 ans qu’on se connaissait. D’habitude où que je sois c’était ses mails à lui que je recevais et quand ce n’était pas par mail, quand j’étais à Paris on discutait de tout pendant des heures. Je lui avais dit ne pas vouloir parler de sa maladie non pas par peur mais parce que pour moi il n’était pas qu’une maladie, on a tellement tendance à stigmatiser les gens souffrant, à faire l’amalgame entre eux et la maladie qu’on oubli la personne, qu’on oubli de les ramener vers la vie en les enfermant dans ce qui fait déjà malgré eux leur quotidien. Dans son dernier mail il me disait qu’il était sorti de l’hôpital après une séance interminable de rayons et quand le taxi qui le ramenait chez lui est arrivé au niveau du Luxembourg, il m’a aperçu en train de traverser hors des passages piétons.
Il a ajouté qu’il était très déprimé mais qu’en m’apercevant le moral lui était revenu et que je l’avais fait rire. C’est la plus jolie chose qu’on ne m’avait jamais dit. J’ai gardé le mail, tous ses mails, je n’ai jamais effacé son adresse. Il avait été si gentil avec moi quand je revenais à mon tour de l’hôpital où une putain de connasse de médecin suédoise venait de me dire sèchement qu’ils ne sauveraient peut-être pas ma mère. Quels cons ces scandinaves à être détachés de tout, ça ne leur suffit pas de l’être du continent ? Quand je passe devant la boutique je ne m’arrête plus, égoïstement, je pourrais dire bonjour aux autres mais je préfère imaginer qu’il est encore là. Je pense à lui souvent surtout quand je me plains parce que je m’arrête de suite.
Ma soeur m’a envoyé une photo de mon petit neveu et de sa dernière lubie, il refuse de quitter d’horribles lunettes de plongée.
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Lundi soir malgré la fièvre et l’enervement dû à mon incapacité à supporter d’être souffrant j’ai passé un après-midi tout doux. D’abord retourner dans mon ancien quartier et surtout en 2 minutes les pieds me sont revenus sur terre, un chien qui pleure à l’entrée du Franprix où son maitre l’avait attaché pendant qu’il faisait les courses, caresser le chien pour qu’il se calme, un petit garçon qui s’approche de nous pour me parler de son petit canard en bois qu’il croyait perdu et qu’il venait de retrouver à l’école. La vie quoi.
Je n’arrivais pas à dormir la nuit dernière alors j’ai un peu travaillé. La nuit était noire, l’orage avait dû faire péter l’éclairage publique dans la rue. c’était agréable car il ne fait plus jamais nuit dans nos villes, il ne fait plus jamais nuit à Paris. Les enfants doivent dessiner des nuits oranges maintenant. Je me suis mis à rire dans mon lit en repensant à Emilie. 5 ans pour christophe, 3 ans pour Emilie, tous les deux à cette époque-ci. Je ne suis jamais triste quand je pense à eux, je suis triste quand je pense à combien Christophe a souffert, personne ne devrait avoir à souffrir, jamais. Quand je pense à eux je suis content parce que je pense à tous ces moments passés ensemble. Serge n’aurait pas supporté Emilie, elle était très très envahissante et pouvait être tellement chiante, en besoin constant d’affection.
J’ai rencontré Emilie à ma première “Soirée GA” chez Arnaud. Elle m’a de suite accaparé, gardé pour elle, insultant quiconque s’approchait de moi ou tentait de me parler. Elle a soulevé son haut et m’a montré son nouveau piercing au téton que j’ai le plus naturellement du monde touché en lui tatant le sein devant tous les pédés effarés. Elle m’appelait tout le temps, on riait, on pleurait, on reconnaissait en l’autre les difficultés que la vie lui imposait. Elle m’a raconté l’affaire Alègre, je lui ai raconté mon agression, ma mère, mon coeur brisé et le reste. Emilie c’était Emilie, aujourd’hui je peux dire que rien n’aurait pû empêcher une issue pareille. Ce n’était pas Alègre, ce n’était pas sa famille. Emilie était née tête brûlée, Emilie était née pour ne jamais avoir 30 ans et c’est juste avant qu’elle a décidé de partir. Ce n’était pas une sinécure d’être avec elle, elle n’avait peur de rien sauf de ne pas être aimée. Même si elle estimait qu’on était pareils, je ne suis pas auto destructeur comme elle l’était. Elle tombait toujours amoureuse du mauvais garçon. Il n’y avait qu’ Emilie pour bien faire les mauvais choix. “Emilie, c’est quoi que tu ne comprends pas dans GAY ? Homosexuel pour toi c’est un mec qui couche avec les garçons et avec Emilie ?” Sinon elle s’entichait de quelqu’un de plus atteint qu’elle lors de ses séjours en HP, elle confondait Saint Anne et Meetic, elle m’appelait en douce pour me dire qu’elle venait de trouver l’amour de sa vie, un psychopate qui avait menacé de tuer toute sa famille, elle ne comprenait pas mon manque d’enthousiasme, il y a aussi eu un homosexuel psychopate “Il est gentil”, “Il n’était pas gentil il était sédaté!” comme elle. Je n’aimais pas l’avoir au téléphone quand elle était en HP, ils ne la soignaient pas, ils la faisaient taire à coups de medocs pour qu’elle ne soit plus un problème. Ils tuaient son âme. Emilie était tellement pleine de vie que c’est ce qui l’a tuée. On dit “les fous” mais c’est la société qui est folle à être si étriquée et formatée qu’il n’y pas la place pour ceux qui ne sont pas dans une norme, il n’y a d’ailleurs, petit à petit, plus de place pour personne car on est tous le fou d’un autre. Emilie n’était pas folle, Emilie ne faisait aucune faute d’orthographe et gare à ceux qui en faisaient. Emilie était généreuse, elle claquait l’argent qu’elle n’avait pas allant jusqu’à retirer du fric au distributeur pour le donner aux clodos. Emilie pissait en pleine rue, Bd Sebastopol, galerie des Champs. Emilie voulait mourir, quand on se promenait elle avait le chic pour trouver le type à la mine la plus patibulaire pour l’insulter dans l’espoir qu’il lui casse la gueule. Je me souviens de ce type chauve et gras devant le Bearsden qu’elle a abordé alors qu’on ne faisait que passer dans la rue pour lui dire en face “t’es tellement moche que même tes cheveux se sont tiré !”, je l’avais trainé hors de sa portée, mis ma main sur sa bouche pendant que le type choqué nous insultait encore alors qu’on était déjà sur le boulevard , hilares. C’est sur qu’avec un comportement pareil Emilie faisait le vide autour d’elle, ça m’enervait, je m’insurgeais, j’engueulais les autres mais je les comprenais. Plusieurs fois par jour je l’envoyais chier quand elle appelait “Emilie je travaille !” Puis je rappelais en m’excusant “Oh mais t’es chou, faut pas ! Je suis super chiante je sais !”. Sortir en club avec Emilie c’était se faire virer au bout de 30 minutes. Quand elle se droguait je refusais de la voir. Emilie se retrouvait dans des situations glauques mais elle n’était pas glauque. M’appelant au petit matin après une partouze elle me disait “Il m’a dit que j’étais mignonne, on a été chez lui puis ses copains sont arrivé. Tu crois qu’il va me rappeler ? Je lui plaisais tu sais”. Emilie me faisait rire ” Je suis sur le parking de Parly 2. J’ai fait un plan avec un type hier soir, j’ai voulu rentrer après mais il a insisté pour que je reste dormir, je croyais que c’était par romantisme tu vois, en fait il voulait que je l’aide à choisir un frigo chez Darty. Bon il m’a acheté des clopes”.Régulièrement elle jurait ne plus vouloir s’en tenir qu’aux filles et à chaque experience c’était la même chose “Putain qu’elles sont chiantes ! Y’a que moi qui ai le droit !”. Emilie était une princesse.
On s’est éloignés l’un de l’autre parce qu’un matin en écoutant mes messages elle m’en avait laissé deux où elle me disait au revoir, qu’elle avait pris des trucs et que cette fois c’était la bonne. J’ai passé 4 h00 à essayer de la joindre, chez elle, son portable, les larmes qui coulaient, j’ai demandé à Guillaume son ex s’il savait comment faire pour la joindre autrement que par les moyens que j’avais. Vers midi elle m’a rappelé hilare “Alors t’ameutes tout le monde ? Mais non je en suis pas morte, je me suis endormie avant de prendre les cachets” je lui ai hurlé dessus “MAIS TU TE RENDS COMPTE QUE JE TE CROYAIS MORTE ?”. Elle s’est excusée mais quelque chose s’est brisé, j’en avais parlé à Arnaud, je lui ai dit que je devais mettre de la distance, que j’avais déjà ma mère à charge. J’étais à Londres quand j’ai appris qu’elle avait mis fin à ses jours, je ne sais pas comment. Je me souviens d’Emilie et moi place Beaubourg prés du pot d’or, le soir où après une rupture je m’étais dit que ma vie était trop compliquée à ce moment là pour que je puisse avoir une relation et que j’ai décidé de mettre mon coeur entre parenthèses. Elle hurlait “Mais c’est un con, Philippe ! C’est lui le problème pas toi. Moi je veux bien sortir avec toi” un type faisait des animaux en ballons, je lui ai dit que je savais faire ça parce que j’avais été l’assistant de Virginie la magicienne à Saint-Martin, elle a acheté des ballons au mec et on a fait des caniches assis par terre.
Il faisait noir et doux hier soir dehors quand je suis sorti fumer une clope en pleine nuit. On voyait les étoiles, ça sentait bon, je me sentais en vie.
En ce moment j’ai envie de douceur, peut-être est-ce la fièvre ? J’en doute ça fait un moment maintenant, quelque chose change en moi. Je veux des choses simples, une tête contre mon coeur que je caresse en fin d’après-midi, de doigts qui glissent, qui effleurent la peau provoquant de l’electricité dans tout le corps. Des âmes qui se rencontrent, se confondent, des choses comprises sans être formulées, rester allongés là pendant que le jour va doucement vers son crépuscule, arrêter le temps, arrêter tout, ressentir quelqu’un dans ma chair, dans mon corps, respirer sa personne, inspirer son esprit et expirer de la tendresse, laisser les papillons aller du ventre de l’un à l’autre, ne rien dire, se ressentir, savoir qu’on est là où on devrait être et ne plus vouloir en partir. C’est dans ces moments-là qu’on touche l’éternité.

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Reminiscences

Alpha “Sometime later”

Hier je voulais faire un article sur tous les albums de ma vie. C’est con, c’est banal et pourtant j’en avais envie mais je ne l’ai pas fait et ce non pas par peur de la banalité mais parce que ça prenait trop de temps, qu’il y en a en fait trop et que j’avais peur d’en oublier. C’était marrant de me retrouver à la butte aux cailles ce qui m’a ramené à l’époque de la “Pute à couilles” comme on m’appelait à la fac en référence à mon adresse. J’ai un souvenir très précis d’une soirée avec ma soeur qui vivait à Miami à l’époque et qui était là pour quelques jours. Elle avait fait venir son ex-mari de qui elle était fraichement divorcée, ce qui m’avait fait grincer les dents. J’aimais bien Laurent mais ils étaient dans une relation destructrice et au bout du compte j’ai du faire un choix et ça a été ma soeur. Il avait fallut que je la sorte de là, l’envoyer au US et m’occuper du divorce. Le jour de la conciliation au tribunal de la cité elle avait voulu que je sois là, j’attendais en face dans le café à touristes. Ils sont venus me rejoindre comme si rien n’avait changé et quand il a proposé de nous raccompagner en voiture dans une Mercedes qu’il avait emprunté j’ai fait non de la tête, non du corps, non de l’esprit mais je n’étais pas décisionnaire, il a essayé de nous planter dans la vitrine de chez Angelina, a dernier moment il a contre braqué et on a continué notre route sans rien dire. Un peu plus et je finissais ma carrière prometteuse dans la pâte d’amandes au palais de la super vieille chatte. Il est parti et ma soeur a insisté pour que je lui dise que j’étais homo comme si j’avais besoin de le dire surtout à elle tellement c’était évident, les choses me paraissent toujours évidentes quand il s’agit de moi tellement je ne sais pas mentir mais elle a insisté que ça a fini en action ou vérité, elle a choisi action et devait passer la soirée avec mes lunettes de natation, où qu’on aile sans ne jamais les enlever et moi j’ai du lui dire “oui je suis gay”. Ca a été le plus beau jour de sa vie. Elle a voulu fêter ça alors on a été au Privilège qui vivait ses dernières heures, je crois que le Palace période Guetta était déjà fermé ( le Privilège c’était la petite boité mitoyenne du Palace dans l’arrière cour et qui en faisait partie, séparé uniquement par une porte. C’est devenu un club gay). Là ce fut le pire cauchemar de ma vie, des types surgissaient de nulle part et se collaient à moi, un derrière qui ne laissaient rien ignorer de la taille de son sexe qui a vu de cul était avantageux, un autre devant qui me fixait d’un air ridicule qu’il avait dû copier dans un mauvais porno et ça n’arrêtait pas, je m’éloignais d’autres venaient, je voyais ma soeur discuter avec des types à l’autre bout, je suis allé prendre un verre au bar pensant que le barman me servirait de protection. Mon verre en mains, je me suis mis contre le mur entre le bar et le carré vip vide, j’avale une gorgée et au moment où je retirais le verre de mes lèvres une main surgit de nulle part a enfoncé un de ses doigts dans ma bouche. Je suis parti vers ma soeur au pas de course, elle parlait toujours avec ces mecs, je l’ai prise à part et je lui ai dit “on se casse” et là elle me sort qu’elle dealait “mon prix” avec eux “t’as une super cote !”. Je l’ai regardé, trahis, je me suis reculé pour mieux buter sur encore un de ces types et j’ai quitté le Privilège. Je remontais déjà Magenta quand elle m’a rejoins, me suppliant de prendre un taxi, de ne pas faire la gueule, c’était l’heure creuse, je marchais sans lui répondre. Elle courait derrière moi en me parlant “Bon t’es enervé ok”, “tu sais c’est ça être gay”, “T’es mignon faut en profiter”, “tu sais combien j’étais fière ?”…je ne répondais pas. rrivés place d’Italie le jour se levait, c’était en juin. On est arrivés à la butte, elle s’est arrêtée pour s’acheter des oeufs, je ne disais toujours rien. Elle est rentrée et a mis un oeuf dans le micro-ondes, l’oeuf a pété dans tous les sens du terme, dégageant un odeur de souffre nauséabonde, j’ai ri. Elle m’a demandé pourquoi j’étais en colère et je lui ai dit que je voulais juste être aimé et pas que désiré.

Ma soeur et moi à 4 et 12 ans.
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L’art de la boulange

Ceux qui me connaissent savent que j’ai une fascination-rejet pour ce qu’on peut appeler “l’art de la boulange” c’est à dire la déco des boulangeries. Peut-être que ça vient du fait que bébé ma mère était amie avec la boulangère du quartier, Quiquine, et qu’elle me laissait chez elle en nourrice. Quiquine était grande, taillée comme un boucher en abattoirs mais avec un brushing ( j’appris plus tard que c’était une perruque que mon père lui avait donné) et portait toujours d’horribles sandales Scholl en bois qui laissaient apparaitre ses longs doigts de pieds….longs comme un jour sans pain.

Quiquine et moi :
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Comme ma mère était amie avec elle, il y avait toujours à la maison des tonnes de glands, de têtes de nègre, éclairs, flan et autres pâtisseries au frigo qu’on finissait pas jeter parce que personne n’aimait ça à la maison ( ça c’est ma soeur qui me l’a dit). Je ne sais pas si mon aversion pour les éclairs, flans et autres me vient de là mais si vous voulez me voir vomir présentez-moi un éclair au chocolat. Ma mère a ensuite arrêté de me laisser avec Quiquine, je ne sais pas non plus si c’est lié au fait que chaque photo de moi nu enfant que je découvre est toujours suivie d’un “Ah ben ça c’est Quiquine qui l’a prise”
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A en juger par l’échantillon au dessus soit j’avais des talents innés pour la pose, soit mon poing levé était un signe de protestation soit Quiquine faisait une théma “Révolution & pâtisseries”.
Quoiqu’il en soit Quiquine a fini par m’enerver, une fois elle est venue à la maison et pour qu’elle aprte j’avais coupé le fil de la machine à coudre, coupant le courant de tout l’immeuble. Ma mère m’a retrouvé assis hilare la paire de ciseaux explosée en mains ma vie sauvée par les bottes en caoutchouc rouges que je ne voulais plus quitter. Elle savait déjà qu’elle allait avoir du mal “avec çui là” comme disait Quiquine puis si j’en crois les lettres que mes soeurs s’envoyaient quand l’une était aux sports d’hiver et que j’ai découvert en rangeant les papiers il y a quelques années j’imitais ma mère et me moquais de tout le monde à 2 ans.
Bref.
Quiquine a eu un petit-fils, J.R (rien à voir avec la série télé) qui est né avec le syndrôme de chais plus quoi mais on va pas tortiller du cul pour pisser droit hein ? On va dire gogol.
J.R voulait toujours être avec moi, J.R bavait et sentait toujours le caca et quand il restait chez sa grand mère il refusait de manger si je n’étais pas là à le regarder, me dégoûtant un peu plus de la vie parce que ce n’était pas un spectacle ragoûtant. J.R aimait mes jouets mais comme c’était les nazes genre voitures et camions je les lui donnais volontiers. Plus grand ma mère m’obligeait à jouer avec lui “Sois gentil avec J.R” sauf qu’il fallait tout le temps que je le prenne dans mes bras et qu’il me bave dessus sinon il gueulait et il avait une force de barbare le bougre.
Une fois quand on était déjà à Toulouse il est venu avec ses parents et sa soeur, il a bavé sur ma grand-mère bisounours et mon popple’s violet que j’ai offert à ma cousine qui venait de naitre. Bon c’est sûr j’ai l’air cruel là comme ça mais je l’étais moins que ma soeur qui surnommait Quiquine “La dinde”. Bon sang qu’elle était chiante. Quand ma mère a fait sa dépression après la mort de mon père Quiquine a voulu aider, gentille Quiquine, ça ne mangeait pas de pain. Seulement quand ma mère a fini son deuil et est sortie de son lit au bout de deux ans elle a découvert que Quiquine avait détourné un paquet de fric impressionnant. On a moins vue Quiquine mais on la voyait quand même surtout que Quiquine est devenue encore plus bizarre et encore plus chainte, Quiquine était devenue témoin de Jéhovah après un séjour chez elle en Suisse.
La dernière fois que j’ai vu quiquine j’étais déjà au marché St Honoré, je faisais mes courses au Monoprix, je l’ai reconnue mais j’ai préferé l’éviter. Pas elle. Quiquine m’a parlé de mon père, là comme ça à brûle-pourpoint “ton père avait les peids gonflés quand on lui ont fait sa toilette mortuaire, il est enterré pieds nus” et m’a sorti ses principes “C’est mauvais pour un homme d’avoir un enfant quand il approche de la cinquantaine. Le sperme est mauvais et ça créé des tares” (Prends ça dans ta gueule) ce à quoi j’ai répondu bravache avant de prendre congé avec panache “Et pourtant c’est ton petit-fils qui est mongol pas moi. Ce doit être une question de mauvaise génétique surtout”. je ne l’ai plus jamais revue et tant mieux.

Mais le but de ce post ce n’était pas ça, le but de ce post c’est l’art de la boulange, j’essayais juste de comprendre la raison pour laquelle j’ai cette fascination-rejet.

Déjà le nom des boulangeries. Il y a toujours ce côté suranné limite poujadiste avec un côté “c’était mieux avant” comme “au pain de jadis”, “Le fournil de Pierre”, “l’epi d’antan” ou un côté franchement FN ( voir Poilâne) “Au bon pain d’antant”,”Le pain d’avant que les arabes ne tiennent toutes les boulangeries” (spécialisée dans le bâtard celle-là) et autre avec différentes variantes de blé, épi, moulin, fournil et surtout Tradition, le fameux pain tradition dont le secret de fabrication est transmis de l’usine qui en fabrique la pâte qu’elle livre au boulanger qui la cuit….pour nous faire croire que le boulanger écrase lui-même son blé pendant que son épouse toujours mauvaise (la fameuse femme du boulanger) parle aux clients de façon obséquieuse quand c’est une dame qui affiche un bon revenu et un nom bien de chez nous et condescendante quand ça vient d’ailleurs. Voir Karin Viard excellente (dans le pénible) “Paris” de Klapisch. Ces boulangères là il y en a de moins en moins mais le décor et les noms changent peu, question de marketing. Une boulangerie qui serait minimaliste à la “comme des garçons” ça ne marcherait pas. Les gens aiment bien le côté tradition. Les vitrines réfrigerées…
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Il y a beaucoup de paniers tressés, un code couleur dans les marrons, parfois des instruments en bois qu’utilisaient les boulangers “avant”, des grandes palettes en bois et parfois même le vice est poussé jusqu’à accrocher au mur une faucille à blé. La boulange n’a jamais suivi les modes, il n’y a pas de boulangerie new wave ou pop. La boulangerie c’est la France des années 60 avec de légères variantes pour faire moderne mais pas trop.
Et puis il y a surtout la tenue des boulangères, de magnifiques tabliers-chasubles. Mon préféré je n’ai pas réussi à en trouver la photo mais il a des volants aux bretelles. Il y a aussi une petite fantaisie dans le tissus, une fleur brodée. Les couleurs sont toujours laides voire moches. En école de boulangerie ( ça existe) il doit y avoir un cours de préparation psychologique rien que pour la tenue.
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Et puis il y a les sachets pour les viennoiseries qu’on devrait rebaptiser “Vieniaiseries”. D’inspiration “Petite maison dans la prairie” meets Sarah Kay avec une touche place du Tertre pour le côté croûte infâme ( je parle de l’emballage pas des croissants). Des couples neuneus, des enfants débiles….heureusement on en trouve de moins en moins. Puis les boites où ils emballent les gâteaux c’est pas mal aussi quoique j’adore trouver des boulangeries qui font des emballages papier en forme de cônes avec la ficelle qui sert à les porter. Celà dit, les trucs en papier imitation dentelle qu’ils soient blanc ou dorés vous ruinent à coup sur une table dressée avec goût et vous ramènent aux fêtes de famille.
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“Et oui on en trouve de moins en moins ma brave dame ! Tout se perd, non seulement les maghrébins ont pris le marché avec un pain moins bon mais il y a aussi les boulangeries industrielles qui nous mangent la laine sur le dos !” Françoise B. boulangère dans le 15eme.
Pierre Hermé et Hediard essayent de diversifier la pâtisserie. Le sublime Gontran Cherrier veut ouvrir une boulangerie moderne de haute qualité et je ne dirais pas non pour tâter ses miches. Il y a aussi le boulanger de l’avenue vincent Auriol, sex on legs, on se demandaient s’il avait été recruté sur son physique de harder hétéro.
Une fois j’ai été acheter un pain au chocolat rue de Rennes en rentrant de fac, la vendeuse portait une charlotte ridicule et j’ai reconnu la soeur de mon amie d’enfance.”Han t’es boulangère comme “la dinde !”, c’était la terreur du quartier, un vrai garçon manqué d’ailleurs quand on a été boire un verre le lendemain je n’ai pas été étonné qu’elle m’apprenne être lesbienne, ce sont des cichés mais elle se battait tout le temps MAIS la seule personne de qui elle se méfiait et qui avait 6 ans de moins qu’elle pourtant c’était moi. On est ensuite allés dans le bar lesbien de la rue Beaubourg où elle m’a présenté à son ex, prof d’hist. géo de la façon suivante “Une fois on a été en vacances en Bretagne, on était à Quiberon chez un glacier, il a été au toilettes et avec mon frère et ma soeur ont lui a bloqué la porte. Quand on l’a laissé sortir il avait un tampax plein de sang dans la main qu’il tenait par le fil, il me l’a lancé en plein dans le front.”. J’avais 10 ans et fallait pas (déjà) me faire chier.
Et avec ça je vous mets quoi ? Bien le bonjour à votre dame !

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