On commence par la B.O du post :
Nouveau Sonic Youth “Sacred trickster”
Florent Marchet “Je m’en tire pas mal”
Florent Marchet “On est tous pareils”
Tiga “Luxury”
Men “Credit cards baby”
Ebony Bones “The Muzzik”
Qu’est-ce que je pleure en ce moment ! J’ ai pleuré parce qu’une copine que j’ hébergeais a raté son agreg d’italien. J’ai pleuré en regardant un reportage de CNN sur les ados américains qui se sont suicidés n’en pouvant plus de se faire traiter de pédés à l’école et notamment Carl Joseph Walker-Hoover, 11 ans qui s’est pendu avec une rallonge électrique la semaine dernière, Matt m’a demandé de traduire la video pour une association gay. Je n’ai jamais eu à souffrir d’homophobie** parce que personne n’aurait osé étant donné :
1/ Ma capacité à déceler les faiblesses des autres et m’en servir verbalement comme arme
2/ Avoir été à l’école dans une grande ville, cela dit j’ai souffert de chauvinisme de la part de mon prof de cm2 qui haïssait les parisiens. A 10 ans je ne savais pas ce que ça voulait dire être parisien mais grâce à lui j’ai très vite compris à force d’être convoqué sur l’estrade toutes les semaines et jeté en pâtures à la moquerie de mes camarades, une fois il leur a même appris le fameux “parisien tête de chien” car eux-mêmes ignoraient pourquoi j’étais différent. Ca ne me dérangeait pas plus que cela d’avoir une tête de chien puisque j’adorais mon chien, ça ne me dérangeait pas non plus d’être parisien puisque ça représentait ma vie avec mon père quand il était encore vivant. Un jour , ce fut le tour d’un autre d’être ainsi exposé à toute la classe et ce jour-là j’ai compris que le problème n’était pas que j’étais parisien ou que j’avais une tête de chien mais que ce type était un vrai connard. Un élève de cm1 a frappé à la porte avec un mot de la directrice, cet élève était noir et s’appelait Ibrahim, le prof l’a accueilli en faisant rouler les “R” de son prénom prononcé avec un accent piqué à Michel Leeb imitant l’accent africain. Avant qu’il ne reparte il lui a demandé de monter sur l’estrade où tel un vendeur d’esclaves il lui a demandé de nous montrer ses dents pour qu’on puisse admirer combien elle étaient blanches, je m’en souviens comme si c’était hier parce que l’expression sur mon visage m’a valu de recevoir un bout de craie dans la tête, il s’est approché de moi fier comme un coq en gonflant la poitrine me menaçant comme le font les joueurs de foot adverses sur le terrain quand ils se poussent avec le torse. Il ne savait pas qu’il en fallait plus pour me briser parce qu’à la maison le copain de ma soeur avait décrété que j’étais le préposé aux tests d’angles droits du couloir et après 5 ans de tests complets je peux dire qu’effectivement ils étaient droits. Cela dit ce n’est pas donné à tout le monde ce genre de tests car il ne faut pas être propulsé trop fort dessus sinon on perd connaissance et il faut que ce soit suffisamment fort pour bien les garder en mémoire. Je dois dire que pour quelqu’un qui n’a pas son permis et qui était nul en géométrie j’ai grâce à lui la mémoire des angles et puis se faire traiter de parisien ou de tête de chien c’était mignon comparé à “T’es nul!”, “t’es pas chez toi”, “t’es rien”, ” t’es moche” parce que bizarrement ça me parlait plus, ce qui prouve le manque total de pédagogie de mon prof car il est évident qu’il ne faut pas parler de façon imagée à un enfant pour qu’il comprenne. La grosse erreur du copain de ma soeur a été de changer de test en passant des angles droits à la machine à laver, on n’était pas prêts et surtout on n’était pas seuls mais que voulez-vous les reflexes sont ce qu’ils sont et je comprends qu’il n’ait pas pu resister en me voyant passer de me projeter contre la vedette malheureusement le manque d’échauffement nécessaire à un changement de terrain a fait que ça a été trop fort et que la marque laissée dans mon dos nous a mis au chômage technique quelques temps surtout que les experts présents ont trouvé ça un peu too much pour une fois. Ce qui me dérange aujourd’hui c’est qu’à chaque fois que je me déprécie mentalement c’est sa voix à lui que j’entends, si les mots sont aujourd’hui les miens ils ont son accent à lui et puis surtout la marque que j’ai dans le dos a régulièrementété le sujet à des questions de la part de mes amants “Késseucé???”. Si c’est une relation d’un soir c’est un accident de vaccin si c’est une relation plus longue, je finis par dire la vêrité, une fois sur de la personne et ça sert de test aussi quand finalement après avoir entendu pour la 100eme fois “Mais tu ne dis jamais rien sur toi, raconte un peu” ça m’a permis bien souvent de constater qu’on n’est jamais sur de personne, on veut être honnete et puis on se prend un “Oh c’est glauque !” ou “Arrête !” qui finalement retrospectivement font plus mal que ce qu’on raconte. Cette marque c’est le sceau de l’infamie. Ma différence à moi, mon homophobie à moi, le moment où je deviens indésirable et différent. Si je parle de tout ça c’est aussi parce qu’ allant plutôt bien, je “m’amuse” depuis une semaine à faire les exercices que m’avait donné ma psy. Il s’agit de dérouler sa vie en phrases concises par événements en commençant par “Je me souviens” et force est de constater que je me souviens bien de la merde et qu’après 15 pages de Dickens pour n’en arriver qu’à l’âge de 11 ans (sachant que le plus gratiné était pour la suite) j’ai arrêté de me souvenir parce que ça n’a pas été que ça ma vie, j’avais trop tendance à oublier le bon et en me relisant je me suis dit ce que je me dis toujours, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on n’a pas une maladie incurable parce que ça prend quand même le dessus, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on n’est pas non plus un boat people avec 5 personnes à charge, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on a relativement le temps de le faire sans que quelque chose de plus lourd devienne prépondérant, si on se pose des questions existentielles c’est qu’on a le luxe de le faire et donc on n’est plus dans une situation critique même s’il n’y a pas de hiérarchie de la souffrance, le présent quand il est trop dur a forcément priorité. Si on se pose des question éxistentielles c’est enfin et surtout qu’on est en vie et c’est une bonne chose car malgré l’impression qu’on peut souvent avoir elle nous appartient.
Si je me suis livré à cette exercice ce n’était pas anodin, vendredi je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à avoir de relation stable depuis 4 ans et surtout pourquoi même avec les gens avec qui je suis le plus proche j’érige toujours un mur entre nous. Il y a toujours une limite que je ne laisse jamais dépasser, je donne beaucoup, je ne cache rien, je ne joue pas mais il y a toujours ce mur entre eux et moi auquel chacun de notre côté on se heurte. C’est ce mur qui m’empêche d’envisager sans craintes une relation sans redouter le moment où je devrais montrer ce qu’il y a derrière et qu’aguerri par l’expérience je sais que cela marquera le moment où malgré tout ce qu’on sait de vous, la perception de l’autre vis à vis de votre personne va changer peu importe qui vous soyez à ce moment là, vos accomplissement, votre sens de l’humour, du bonheur et votre optimisme. Finalement celui qui se révèle à ce moment là ce n’est pas vous mais lui et les déceptions passées on fait qu’un jour je me suis aperçu que j’avais construit un mur. Si l’opinion des autres à mon propos m’indiffère celle de ceux qui comptent et de celui qui compte est importante car son jugement peut être un couteau qui va réouvrir toutes mes plaies et c’est horrible d’être tout à coup moins bien à ses yeux et peut en plus me pousser à surélevé un peu plus mon mur. J’ai passé le cap où j’avais honte non pas de moi mais de ces choses du passé, on veut tellement être parfait aux yeux de l’autre et plus on vieillis et pire c’est, on n’a plus moins de 25 ans et même si j’avais déjà des casseroles à cette époque je compensais autrement.
Je ne suis pas par nature cette personne sur de lui, combattif et qui est parfois craint ( à mon grand etonnement), ça c’est l’habit social, le costume urbain taillé par la vie. Vendredi j’ai écrit à quelqu’un qui me connait bien et même si ça n’a pas marché entre nous, il reste celui qui me connait comme personne. Ce matin j’ai eu sa réponse, je lui demandé si j’étais gentil, si je savais aimer parce que je me suis tellement blindé que ça par contre j’ai oublié, il m’a dit que mon problème c’était je cite “Il ne faut pas être trop gentil avec toi parce que tu n’as pas l’habitude et ça te fait paniquer. Il ne faut pas être méchant non plus parce que tu en as l’habitude et que ça te rassure parce que tu connais mais c’est impossible à vivre”. Je ne me voyais pas du tout comme ça, au contraire, je ne pense pas être masochiste. Ca m’a enervé du coup je suis parti faire mes 8kms matinaux au pas de charge et plus je luttais contre l’idée plus je réalisais que si ce n’est pas complètement vrai ce n’est pas complètement faux. Putain ça m’a enervé, je ne veux pas qu’on me voit comme une victime ou un mec à problème, rien dans ce que je fais et suis aujourd’hui ou même dans le passé ne démontrent ça. Je ne me suis jamais caché ou réfugié derrière mes problèmes, je n’ai jamais joué les victimes ni ne me suis appesantit sur moi-même, ni même mis mes echecs sur le dos de mon histoire personnelle et familiale ce qui m’enerve c’est juste combien elle me stigmatise . J’y ai repensé en allant voir “Villa Amélia” où le personnage joué par Isabelle Huppert passe les 3 quarts du film à fuir sa vie, à tout plaquer, à effacer toute traces d’elle, de son passé, de ce qu’elle a été pour finalement à la fin être rappelée par celui-ci, la partie la plus douloureuse et la plus enfouie qui lui apparait au cimetière. Moi aussi j’ai fait ça, sur et certain d’avoir tournée la page et à l’autre bout du monde où rien ne vous rappelle votre passé, où votre vie nouvelle est vierge de toute référence on fini toujours par être rattrapé par soi. A moins d’effacer sa mémoire on ne fuit jamais rien, les choses reviennent toujours à la surface. Si une coupe de cheveux, de nouveaux vêtements et un nouvel environnement font illusion quelques semaines on ne fuit jamais rien définitivement et on ne se fuit pas soi-même surtout. Le jour où on réalise ça, on se rend compte que la seule solution c’est d’accepter tout ce qu’on fuit, tout ce qu’on est, tout ce qu’on n’est pas, tout ce qu’on ne sera jamais et comme je l’ai déjà fait remarquer le plus dur dans l’exercice ce n’est pas d’accepter tout ça mais de le faire accepter aux autres.Personne n’a envie d’avoir une étiquette “personne à problème” sur le front. Moi je n’ai pas envie de mentir non plus, d’occulter cette part de moi, il m’a fallut du temps pour l’accepter et réussir à vivre avec c’est une victoire que je ne veux surtout pas abandonner pour un pauvre con qui va me sortir “c’est glauque”. Nietsche a dit des trucs très bien à ce sujet dont je ne me souviens pas littéralement mais c’est en gros que ce qui dérange les autres chez soi c’est ce qui fait résonance en eux. Ce qui leur est inconnu ne provoque au pire que de l’indifférence et aussi que plus on s’élève et plus petit on apparait aux yeux de ceux qui ne savent pas voler parce que chaque fois qu’on s’affirme en acceptant les choses plutôt que de les fuir ou de les occulter on leur rappelle ce qu’ils ne font pas eux-mêmes. Pour l’homophobie c’est pareil, ce n’est pas un stigmate ni un choix mais le jour où on l’accepte et surtout qu’on la vit très bien ce n’est pas la peur de ce qui leur est étranger qui effraie les autres et les poussent à la haine, ce n’est pas non plus qu’ils soient homosexuels refoulés ( faut arrêter de voir des gays partout, l’hétérosexualité et la bisexualité existent) c’est juste qu’on leur montre une réalité différente de la leur et qui dans leur esprit menace l’équilibre qu’ils ont construit autour de leur croyance de faire partie d’une norme toute puissante. Une réalité différente ne menace absolument pas la leur c’est l’idée qu’il n’existe pas de vêrité absolue qui les fait chier et de ne surtout pas “être” cette vêrité là. Nietsche dit aussi un truc là dessus genre J’ai ma façon de faire, vous avez votre façon de faire et concernant la bonne façon de faire celle-ci n’existe pas. Le monde se portera mieux le jour où on acceptera de dire qu’on ne sait pas et qu’on ne divise pas le monde entre ceux qui ont tort et ceux qui ont raison que c’est non seulement plus subtil que ça mais que les certitudes volent si facilement en éclats qu’on a ce besoin de détruire tout ce qui les menace.
Quand Serge me dit que s’il marche et court si vite c’est parce qu’il se faisait courser au collège et au lycée ça me fait mal pareil quand Arnaud me raconte les brimades et humiliations subites au lycée par des connards qui vont faire copain avec lui sur facebook maintenant. Quand je leur dit qu’ils sont merveilleux et qu’ils sont loin de tout ça maintenant je sais au fond de moi que je mens parce que personne n’est jamais loin des blessures du passé, que celui qui te dit ” C’est glauque” a sûrement un placard rempli de bordel aussi parce qu’on est tous égaux devant les emmerdes et la souffrance alors pourquoi sachant cela on stigmatise les autres au lieu de se rappeler qu’on n’est pas soi-même dans cette “norme” qui n’existe que dans un absolu uniquement là pour nous faire croire qu’on n’est rien alors que c’est tout le contraire, on est riches de tout cela et que ces choses si différentes qui semblent nous séparer dans leur forme nous lient en fait tous dans le ressenti qui, à histoires et trajectoires différentes est le même pour tous. Je ne pouvais m’empêcher de penser à ce qu’aurait été la vie du petit Carl s’il n’avait pas été traité quotidiennement de pédé. Je ne peux m’empêcher de penser à ce que j’aurais été si ma vie avait été différente, quelqu’un d’autre, quelqu’un de différent, ni meilleur ni pire, juste un autre avec une autre histoire et surement blessé par d’autres choses car il n’y a pas d’élus, on est tous pareils. Je n’aurais peut-être pas peur de l’amour mais d’autre chose.
Mes soeurs ont sensiblement le même parcours et elles sont différentes bien qu’en discutant entre nous on reconnait les mêmes peurs, les mêmes souffrances, les mêmes manques. Y’en a une qui fantasme sur la famille ideale et se sent toujours à tour de rôle inférieure en pensant à son passé et supérieure en pensant à ses accomplissements. L’autre multiplie les histoires d’amour, parfois en même temps, pour elle il ne devrait y avoir que débuts et quand son petit frère le lui fait remarquer elle s’énerve parce qu’il a raison mais son petit frère a fini par penser comme elle. Si dans “Villa Amélia” Isabelle Huppert impassible et déterminée lâche à son mec qui la trompe en le quittant “15 ans c’est bien” quand il lui dit qu’elle ne peut pas mettre fin comme ça à une relation amoureuse, ma soeur c’est “3 mois c’est bien” et c’est vrai que c’est bien, on est même tous encouragés à n’avoir que des relations de trois mois, quand tout est beau, où chacun flatte l’autre par l’interet qu’il lui porte, 3 mois ça fait du bien à l’égo, plus ça devient de l’amour et ça c’est autre chose, ça s’entretient et on n’a pas tous les jours envie non plus, certains font même l’erreur de s’endormir dessus pensant avoir capitalisé suffisamment pendant ces 3 premiers mois d’euphorie (boostés en plus par les hormones).
Mais dans la fiction que ce soit en littérature, le cinéma ou les chansons, on ne nous parle que des rencontres, on sublime ce moment, on sublime même les ratés de ce qui auraient pu être, c’est rare de voir un film sur la durée de l’amour, on n’a que les extrêmes : le début d’une liaison et la fin, on ne s’intéresse que rarement à l’entre deux parce que dans l’inconscient il ne se passe rien peut-être, l’amour serait-il chiant ? Les contes de fée s’arrêtent à “ils vécurent heureux” se basant uniquement sur l’aventure et les entraves qui mèneront à la rencontre finale. On ne parle pas du quotidien, on nous dit qu’ils seront heureux…pour l’eternité mais est-ce qu’ils s’aiment encore ? Souvent je me demande si les vieux couples baisent encore et s’ils s’aiment encore ou si c’est juste du confort. Pour ma soeur l’entre deux c’est le début des 3 mois avec un autre et ainsi de suite comme des poupées russes, elle se sent désirée et désire elle aussi. On ne nous dit pas que le quotidien tue l’amour dans la fiction, que le désir sexuel est une part importante et que le désir sexuel se porte rarement sur ce qu’on a, ce qu’on connait, c’est la part animale, aventurière d’ailleurs on n’a pas choisi l’expression “avoir une aventure” au hasard même si on dit que l’amour est une aventure je ne pense pas que ça s’applique à la durée sauf que ces fameux trois mois n’ont rien à voir avec l’amour. L’amour c’est ne pas s’entendre dire “c’est glauque”, là on sait qu’on a perdu 3 mois et on a la preuve qu’on n’était pas dans l’amour. Se contenter de relations de surface pensant qu’on aime et qu’on est aimé font qu’en fait la plupart d’entre nous n’ont jamais été amoureux. En anglais on dit infatuation. Les magazines sont plein des débuts de relations ou de leurs fins tragiques. Quand une actrice se fait interviewer pour dire qu’elle baise 3 fois par jour avec son mec depuis 4 ans d’abord on la deteste et ensuite on pense qu’elle ment. Ces relations de trois mois nous ont rendu cyniques. La haine des gens pour la Saint valentin est assez drôle. Un film sur un couple de 5 ans qui baise, va bosser, fait les courses, part en voyage, font un crédit etc…ça ne marcherait pas ou alors c’est une pub et une pub ça dure 2 minutes maxi. Notre tort c’est donc de penser que l’amour est une aventure ou un confort, le véritable amour c’est se mettre à nu emotionnellement et ne pas s’entendre dire “C’est glauque”. L’amour c’est accepter de se faire chier un peu. Bon pour moi c’est surtout accepter que je l’emmerde, que je le rende dingue et de vivre avec la peur d’ arriver maquillé comme une voiture volée au bureau parce que je l’aurais maquillé pendant son sommeil et régler le réveil en retard pour ne pas qu’il se voit avant de partir. Ca c’est l’amour, ça c’est une aventure. L’amour pour certains c’est aussi accepter de se taper toute la filmographie d’Elsa Zylberstein en dvd et de ne pas dire c’est bien pour faire plaisir mais de le penser vraiment. Bref l’amour ça se travaille.
Alors que je faisais mon footing ce matin, bien enervé par mon mail en me répetant “c’est pas vrai!” j’ai été arrêté dans ma course par un panneau perdu entre la Seine et une déchetterie, en plein milieu d’un no man’s land, sur le panneau 4 affiches flambants neuves de l’UMP et je en sais pas pourquoi j’ai pensé à V, la série de science fiction des années 80 où il y avait des affiches de propagande partout. Au moment ou je me suis approché pour prendre une photo afin d’immortaliser l’incongruité de la présence de ces affiches dans ce désert mon pied droit a ripé sur une peau d’orange abandonnée par terre ( une vraie orange, pas une flaque de cellulite…sinon j’aurais pris ça en photo) et étant donné qu’à minuit 19 j’ai encore mal au pied et que je suis sur qu’il s’agissait d’une fourberie du parti du président, j’envisage de porter plainte contre eux.
Dans “Villa Amalia” Isabelle Huppert a une scène où elle est assise en bord de la Seine à Choisy le Roi et l’endroit me paraissait familier de mes joggings et trekings ( quand je suis très enervé je marche sans m’arrêter parce que quand j’ai mal aux pieds j’ai plus mal à la tête) et tout à coup je me suis souvenu que c’était l’endroit exact où j’avais pissé une fois et j’avoue que j’étais plutôt content d’imaginer Isa ( tu permets que je t’appelle Isa ?) assise dans ma pisse ( donc oui je peux t’appeler Isa, on est intimes du coup).
A ma pause déjeuner j’ai regardé “Grey Gardens” l’adaptation du documentaire culte des années 70 qui mettait en scène la tante et la cousine de Jackie O, vivant recluses dans une maison délabrée des Hampton’s. Interprétations magistrales ( si on connaissait déjà le talent de Jessica Lange, Drew Barrymore est une révélation dans ce film), film touchant et moi j’ai fondu en larmes. Je ne veux pas finir comme Little Edie :/
Ce matin en arrivant au parc déserté à 8h00 sauf pour quelques joggers, j’ai découvert de grandes étendues d’herbe parsemées de pâquerettes et de pissenlits le tout recouvert d’une pellicule de rosée, j’ai regardé autour de moi, personne, et je me suis vautré dedans, trempé, hilare et couvert d’herbe j’étais tout simplement heureux parce que je sais qui je suis, ce que je vaux, ce que je ne suis pas, d’où je viens et que je pourrais toujours compter sur moi-même et ceux que j’aime comme celui que j’aimerai le pourront toujours aussi. I’m not a bad person.
* Made in Absolutely Fabulous
** C’est faux, j’avais déjà raconté la fois en 4eme quand Jérome m’a demandé si j’envisageais de me faire couper plus tard et s’est mis à ricaner avec ses potes aussi moches que lui. 13 ans plus tard à New York ma soeur surfe sur meetic dans le lit, je la rejoins, on regarde le sphotos et on se marre quand je reconnais Jérôme, immédiatement je me fais un profil de pouffe et je discute avec lui 3 mois. En rendant visite à ma mère un jour je lui dis que je suis là sans lui dire que je ne suis pa sla pouffe qu’il veut se taper mais un mec avec qui il était en quatrième. J’ai sonné, il a ouvert et j’ai rien dit, il m’a demandé pour quoi c’était, j’ai ri, il m’a reconnu “on se connait non ?”, je lui dis oui et je lui sors tout. Il m’invite à boire un coca et complètement atterré il me demande pourquoi j’ai fait ça et je lui ai dit “pour voir si tu étais gay”. Il n’a pas mal réagis et même si, j’étais body buildé à l’époque, je n’avais peur de rien. Il ne savait pas s’il devait m’en vouloir. La vengeance n’est pas un truc qu’on rumine, c’est une perche que la vie te tend et qu’il faut saisir, ce n’est pas oiel pour oeil mais tête pour oeil. Mais i’m not a bad person quand même.
